Un rendement rapporté à un prix
En français on dit rendement, en anglais yield, et sur un desk on entend les deux dans la même phrase.
Sur une obligation, c’est le taux annuel que vous obtenez si vous achetez le titre à son prix de marché et le gardez jusqu’au remboursement.
Le yield n’est pas le coupon. Le coupon est fixé à l’émission et ne bouge plus. Le yield bouge en permanence, parce que le prix bouge.
Prix et yield vont en sens inverse
Une obligation verse 3 € par an et rembourse 100 € à l’échéance.
- Achetée 100 €, elle rapporte 3 € sur 100 € investis : yield de 3,00 %.
- Le prix tombe à 90 €. Elle verse toujours 3 €. Mais 3 € sur 90 € investis : yield de 3,33 %.
Le flux versé est fixe. Seul le prix payé pour l’obtenir change.
C’est pour ça que « les taux montent » et « le marché obligataire baisse » décrivent exactement le même événement.
Le chiffre coté, c’est le taux actuariel
Le calcul ci-dessus est simplifié. Ce que les écrans affichent, c’est le yield to maturity — le taux actuariel : celui qui égalise le prix payé aujourd’hui avec l’ensemble des flux futurs actualisés, coupons et remboursement final.
Il intègre deux choses que le calcul simple ignore : la valeur temps de l’argent, et l’écart entre le prix payé et les 100 € qui seront remboursés à l’échéance.
« OAT 10 ans : 3,85 % » est un taux actuariel.
Les trois yields à suivre
- Les souverains 10 ans — Treasury, Bund, OAT. Les taux contre lesquels tout le reste se valorise.
- Le 2 ans — la partie de la courbe qui price les banques centrales. L’écart entre le 2 ans et le 10 ans dessine la courbe.
- Le crédit — le rendement d’une obligation d’entreprise. Son écart avec le souverain de même maturité, c’est la prime de risque.
Le même mot ailleurs
Dividend yield : le dividende rapporté au cours d’une action. High yield :
les obligations d’entreprises mal notées, qui paient plus parce qu’elles risquent
plus. Le yield en Python et le yield management hôtelier n’ont, eux, aucun
rapport — c’est le même mot anglais, pas le même concept.