Trois couches, du plus large au plus étroit
Le headline est l’inflation totale. Tout y est, y compris l’essence et les légumes, dont les prix dépendent du pétrole et de la météo — pas de la banque centrale.
Le core retire l’alimentation et l’énergie. C’est le chiffre que les banques centrales ciblent en pratique, parce qu’il filtre ce qu’elles ne contrôlent pas.
La supercore retire encore le logement du core, et ne garde que les services. Restaurants, santé, transports, assurances, loisirs, coiffeurs.
Pourquoi retirer le logement
Le logement pèse un tiers du CPI américain, et sa mesure est structurellement en retard. Elle se construit sur les loyers de tous les baux en cours, pas seulement des nouveaux ; quand les loyers de marché se retournent, le chiffre officiel met douze à dix-huit mois à le refléter.
Un core qui reste élevé à cause du logement peut donc décrire une inflation qui a déjà ralenti. La supercore ôte ce retard et montre ce que les prix font maintenant.
Pourquoi les services
Parce que les services sont faits de salaires. Un coiffeur, un serveur, une infirmière : le prix du service est d’abord le coût du travail. Une supercore qui accélère dit que les salaires accélèrent, et des salaires qui accélèrent sont la seule inflation qu’une banque centrale peut réellement freiner avec ses taux — en refroidissant la demande.
C’est ce qui a fait de la supercore la mesure que le marché regarde pour deviner la réaction de la Fed. Un headline chaud sur l’énergie est un choc d’offre : la Fed le laisse passer. Une supercore chaude est de la demande : la Fed répond.
Comment se lit un chiffre
En variation mensuelle, annualisée dans la tête. Une supercore à +0,51 % sur le mois — le chiffre d’août 2026 — c’est un rythme annualisé supérieur à 6 %, sur une composante qui tourne autour de 0,25 % en régime normal. Un tel chiffre fait plus pour le pricing de la Fed que le headline lui-même, et un desk le lit en premier.